Ecrits

Description de la Résidence aux Cristalleries de Saint-Louis

20. janvier 2013

« Dans le cadre de la quatrième édition des résidences d’artistes de la Fondation d’entreprise Hermès, Marie-Anne Franqueville est invitée aux Cristalleries de Saint-Louis. La rencontre entre la puissance d’une œuvre et la délicatesse d’une matière s’annonce assurément fructueuse.

Diplômée de l’École nationale supérieure des beaux-arts de Paris (Ensba), l’artiste française Marie-Anne Franqueville conçoit une œuvre protéiforme et intrigante, voire troublante. Elle dessine, réalise des sculptures et des installations dans un foisonnement de matériaux mettant en scène une mythologie personnelle qui prend la forme de contes. Monstres, images primitives ou éléments organiques se déploient dans une dimension chamanique qui témoigne d’une approche résolument féminine de la création.

Parrainée par Richard Deacon qui fut son professeur à l’Ensba, Marie-Anne Franqueville partira en février en Moselle (France) à la rencontre des artisans des Cristalleries de Saint-Louis. Riche d’une histoire qui remonte au XVIe siècle, la manufacture a été promue « Verrerie royale » en 1767 avant qu’elle ne découvre le cristal en 1781. Depuis le XIXe siècle, les Cristalleries de Saint Louis n’ont cessé d’inscrire leur production dans les innovations de leur temps et d’étoffer ainsi leurs savoir-faire. 

Chaque année depuis 2010, le programme de résidences d’artistes de la Fondation d’entreprise Hermès permet à quatre jeunes plasticiens, parrainés par des artistes confirmés, de se confronter à des savoir-faire d’exception. Au terme d’une période d’immersion en atelier, chaque artiste développe un projet ad hoc qui fait l’objet d’une étude de faisabilité. La pièce est ensuite réalisée avec le concours des artisans des manufactures de la Maison.”

 

Texte de Nathalie Réveille, Historienne d’art

4. avril 2012

Les espaces sont parfois des lieux de dislocation. Les fragments organiques de Marie-Anne Franqueville les habitent avec une silencieuse aura. Des salles vides et blanches accueillent quelques morceaux épars de ce qui semble être une forme corporelle ou un substitut de chair. Les  angles servent de supports, les murs de parois d’accroches. Les ‘entités preuves’ que nous offrent l’artiste s’organisent en une composition quasi chamanique, où la trace charnelle de l’humain est perceptible sans toutefois être réellement reconnaissable. Une quelconque métamorphose fut sans doute à l’œuvre pour aboutir à une telle transformation… Ce travail nous parle de transposition, de mutation, de désagrégation. Grâce à la démultiplication des médiums employés: résine souple, cheveux, fourrure, béton, papier, plâtre… Marie-Anne Franqueville nous conduit au cœur de la grotte ancestrale. Son ‘art rupestre’, tout autant pariétal que mobilier, se nourrit des codes premiers et primitifs des origines. La symbolique de la fertilité, en lien avec la nourriture, le corps et la femme sexuée et reproductrice renvoi irrémédiablement aux formes vulves, triangles, vénus du paléolithique. Mais de l’origine aux accroches votives et aux évocations prophylactiques, la gestation, l’accouchement,  la survie et la mort viennent en boucle former une installation-reliquaire dont l’artiste ne souligne que les mises en formes, les structures et le vocabulaire. Car au-delà de ces probables évocations et connections, le parcours initiatique que nous devons visuellement et physiquement emprunter est avant tout contemporain. Il nous fait obligatoirement déambuler sur un chemin de souvenirs et de commémorations du monde actuel.’Trophées’, ‘ex-votos’, ‘tabernacles’, ‘boites à secrets’, fabriquent alors des structures-résidus, des ossatures dépouillées de leurs chairs. Il ne nous reste alors que des carapaces et coques que l’on pourraient supposer vides car refermées en boites hermétiques ou dont la relique s’est décomposée en se mêlant au support de sa supposée conservation, n’en laissant que l’emprunte moulée en creux. objets inconsistants, inexistants,  mais témoins. Les formes  reliquaires, graines et extractions archéologiques de surface de marie-Anne Franqueville ont l’ambition de nous signaler en une écriture tactile, que l’idole peut continuer de fonctionner si l’on prend la peine de l’invoquer. Les restes de ce qui fut tribu, organisation sociale, homme, animal, sang, les résidus de ce qui fut chair, os, organes sont ainsi exposés, piqués, surélevés, accrochés. Et la forme qui en fut la plus révélatrice, chair, ventre, germe fertile se voit ainsi adulée et élevée au rang premier de terre et mère à la fois nourricière et procréatrice. “

Texte de  Nathalie REVEILLE, historienne d’art

Ecrit pour le Festival des artistes en campagne, 2011

 

Le blog du dessin du 21ème siècle, Serghei Litvin Manoliu

4. avril 2012

Serghei Litvin Manoliu, fondateur du Forum International du Dessin du 21e siècle, écrit, et je l’en remercie:

« MARIE-ANNE FRANQUEVILLE

Robert de Quelen est blogueur et n’a pas mauvais goût en matière de dessin contemporain. Son blog buencarmino est drôle (qualité rare). Notre collègue nous écrit au sujet du notre : “Votre blog a des convictions fortes et une saine détestation de la médiocrité”. Comme Oscar (Wilde), je résiste à tout, sauf aux compliments (lui, Oscar, résistait à tout, sauf aux tentations…). Dès qu’on me parle de mes qualités – et Dieu sait qu’elles sont sans nombre ! – je fonds. Anéanti de plaisir, je succombe de joie. Certes, vous pourrez remarquer la dichotomie structurelle entre les deux, leurs antagonisme  : l’un n’est pas l’autre – mais l’exclut-il ? Je parle des rapports entre joie et plaisir. Je sais que vous suivez tous en bloc et que pas un seul d’entre vous n’abandonne cette excellente lecture en plein milieu. Merci ! Poursuivons. Contrairement à ce que des esprits malveillants pourraient penser (ici, le verbe est à prendre ad minima) ce post reste fidèlement dans la ligne tracée en janvier 2008 : le dessin, rien que le dessin et toujours le dessin ! Oui, car l’esprit du dessin est fait de légèreté, d’une grâce sensible, même quand les sujets traités sont des plus ardus.

Regardez ce dessin de Marie-Anne Franqueville (elle a participé à la FID 2010) : travail très personnel, indifférent aux modes. Une tension perpétuelle, issue d’expériences personnelles fortes, en Afrique et ailleurs. Obstinée, fragile, Marie-Anne Franqueville suit un chemin solitaire. Son travail, en dehors du dessin, est fait d’immenses sculptures qui ne peuvent voir le jour (elle ne dispose que d’une table pour tout “atelier”) et d’empreintes étranges, blanches, de taille modeste, qui semblent issues d’expériences spirites de la fin du 19e siècle. Ses carnets de croquis ont un côté jungien évident. Regardez les quatre pattes de l’hyène : chacune est différente des autres, comme appartenant à un autre animal. Et la tête est traitée “en portrait”, personnaliste, personnifié, tandis que le corps n’est que silhouette, linéarité. Marie-Anne Franqueville traverse le miroir, suit son chemin, prend des notes dans ses carnets de croquis. Si vous voulez la rencontrer, regarder ses dessins, feuilleter ses carnets , venez à la 3e édition de la FID : elle est invitée.”

 

« RENCONTRES ASIMÉTRIQUES : MAESS ET MARIE-ANNE FRANQUEVILLE

Voici deux jeunes artistes qui ne se connaissent pas et que j’ai reçu récemment ; je deviens pseudo gourou transversal, des jeunes viennent parfois me voir… Je vous ai déjà parlé de Maess : vingt-huit ans, Polonaise, passionnée de tango argentin, d’érotisme et d’aéroports, ses thèmes de prédilection. Ses dessins ont encore besoin de travail, mais sa stratégie de communication artistique, par contre, est un modèle du genre. Site Internet, graphisme, discours, cartes de visite, tout est en place, irréprochablement calibré. Ponctuelle au rendez-vous, bien élevée, sa tenue vestimentaire ne laisse aucune place à l’à peu près… Et voici Marie-Anne Franqueville qui m’écrit à la suite de la mise en ligne de la FID NewsLetter #2,dont elle était le sujet. “La table-atelier a disparu, (je viens de déménager dans tout petit pour un an et n’ai comme simple table qu’une boite en bois posée devant une fenêtre. j’y dessine assise en tailleur quasiment au sol), je vais donc être confrontée pendant un an à l’essentiel : le dessin. C’est une aventure qui me ravit. J’ai l’impression que cette année mon rapport au dessin va prendre un nouveau tournant. Il va devenir mon obsession et un nouveau voyage initiatique. À défaut de créer des espaces réels, je vais tacher de régler le problème dont nous avions parlé ensemble : mettre l’espace mental à nu, en lignes. J’ai hâte. Et j’ai le temps.”

Si vous êtes marchand, galeriste, vous choisissez Maess, sans hésiter. Elle est prête, fiable. Et si vous êtes collectionneur, n’êtes vous pas tenté par Marie-Anne Franqueville, par sa prise de risque ? Elle sait ce qu’elle veut. Elle est prête à en payer le prix ! Le problème est qu’il faudrait être à la fois Maess et Marie-Anne Franqueville, et cela n’arrive – presque – jamais. C’est un peu comme les vierges expertes, si vous voyez ce que je veux dire. Puisque le marché de l’art est fait autant par les marchands que par les collectionneurs…”

http://www.blogdudessin.com/ http://buencarmino.wordpress.com/

 

Pieu – lit d’ennemi

Décembre 2010

Texte de Thomas Golsenne

Des matelas empalés comme pour renforcer l’aspect désagréable d’un support nu, sans parure. Si les beaux draps nous invitent au sommeil et au rêve, nous suggèrent la mollesse du matelas, bref si l’ornement nous invite à l’étreinte, les lits de Marie-Anne Franqueville apparaissent dans toute la violence d’un piège avant et après activation.
Piège construit par la nature qui reprend ses droits sur le confort social.
Piège construit par la reine des fées avec trois petits pois devenus pieux pour tester la princesse des contes.

 

 

Revue de Presse


http://www.lejsl.com/pays-charolais/2012/07/19/manoir-mon-beau-manoir

http://www.lejsl.com/pays-charolais/2012/07/19/programme-de-la-huitieme-edition-des-arts-en-fete

http://www.lejsl.com/pays-charolais/2012/07/15/arts-en-fete-8-e-parcours-d-art-contemporain

https://www.facebook.com/photo.php?fbid=3611644057973&set=a.1451457454658.2056755.1479912558&type=1&theater

http://www.lejsl.com/pays-charolais/2012/07/21/les-arts-en-fete-sont-lances

http://montceau-news.com/culture/86216-les-arts-en-fete-jusquau-12-aout-a-la-clayette.html

http://www.terrafemina.com/culture/cine-et-sorties/articles/16228-sorties-en-famille—5-expositions-a-faire-pendant-vos-vacances-dete.html